Le Centre antipoison animal – Capae Ouest nous informe de la toxicité du Laurier rose pour nos animaux.

Le Laurier rose (Nerium oleander) est un arbuste ornemental de 2 à 4 m de haut, fleurissant de juin à septembre, à fleurs roses, parfois rouges ou blanches, et à feuilles allongées, vert mat. Pour en savoir plus sur sa répartition et son aspect : fiche Laurier rose

Une plante toxique

L’ensemble de la plante est toxique (feuille, fleur, graine, sève et bois). L’intoxication survient généralement après ingestion ou mâchonnement de feuilles, de fleurs, de branches, de graines… mais on a décrit des cas après ingestion d’eau dans laquelle une de ses parties a trempé, léchage après contact avec de la sève, et même inhalation de fumée lors de combustion de l’arbre !

Toutes les espèces sont concernées par l’intoxication : les herbivores, les chiens, les chats, les rongeurs ainsi que les oiseaux. Attention, le cobaye en est particulièrement friand ! Les feuilles fraîches sont amères et souvent moins consommées par les animaux que celles séchées.

A titre indicatif, 2 ou 3 feuilles sont mortelles pour un chien de 10 kg, 5 g de feuilles peuvent tuer un cobaye, 30 à 60 g un cheval ou un bovin.

Les symptômes

Les signes survenant lors d’intoxication au laurier rose sont principalement digestifs, nerveux et cardiaques. Ils sont dus à des hétérosides cardiotoniques comparables à la digoxine que l’on trouve dans la digitaline, médicament pour le cœur bien connu extrait de la digitale pourpre.

  • Chez le chien et le chat, des nausées et des vomissements apparaissent dans les 2 h après ingestion et peuvent durer plusieurs jours. Douleurs abdominales, salivation et diarrhée parfois hémorragique peuvent être observées. Dans les 3 jours suivant l’ingestion, l’animal peut présenter des pertes d’équilibre, des convulsions, des tremblements et de l’abattement,
  • Les mêmes signes sont présents chez les ruminants.
  • Le cobaye exprime surtout des convulsions et de l’agitation.
  • Les oiseaux présentent principalement de la diarrhée, des régurgitations, de la salivation, de la prostration ou des tremblements.

L’animal tombe rapidement dans un coma menant à la mort. Le pronostic est sombre sans traitement. Il est meilleur si le traitement est précoce, mais reste réservé les trois premiers jours. La récupération est lente.

Pour éviter une intoxication, il est conseillé d’empêcher l’accès des animaux à la plante et de ne laisser à leur disposition ni feuille, ni fleur, ni branche. Si vous voyez votre animal en consommer ou être dans l’une des situations décrites ci-dessus, consultez un centre antipoison vétérinaire ou un vétérinaire rapidement.

 

Source : Centre antipoison animal – Capae Ouest